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Article (PDF Available)inLingvisticæ Investigationes 34(2):204-227  · January 2011with 180 Reads
DOI: 10.1075/li.34.2.02rad
Abstract
The paper aims to show that light verb constructions (LVC) are formed not only with predicative nouns, but also frequently with result nouns and some concrete nouns. We propose a quantitative verification of the hypothesis that in Czech, result nouns are at least as frequent in LVC as event nominalisations (“verbální substantiva“). The paper tries to explain reasons of this phenomenon and it shows the mechanism that allows concrete nouns to appear in LVC, not only in Czech, but also in French.
Lingvisticae investigationes 34:2, p. 204-227, ISSN 0378-4169
1
Noms prédicatifs, noms de résultat et no ms concrets dans les
constructions à verbe support
Jan Radimský
Université de Bohême du Sud, České Bud ějovice
1. Introduction
La problématique traitée dans la présente étude émane d’une questi on que nous éti ons obligés
de nous poser, lorsque nous avons choisi d’étudier les constructions à verbe support à partir
du nom prédic atif et non à partir du verbe support :
1
comment définir et délim iter les noms
prédicatifs qui entrent dans les constructions à verbe s upport ? Dans de nombreuses études
relevant de cadres théoriques divers, y compris celui du Le xique-Grammaire, l’opposition
entre les noms Denim Onlrica Raw Frill Only Blue Light Dress Petite gqPnSXprédicatifs et les noms non-prédicatifs (parfois appelés simplement
« concrets ») est conçue comme binaire.
2
Nous avons essayé de problématiser cette vue dans
l’article intitulé A propos des noms concrets et prédicatifs (J. Radimský, 2009)
3
nous
proposons l’hypothèse que les noms résultatifs et certains concrets entrent régulièrement dans
les constructions à verbe support.
Le présent texte reprend cette hypothèse et il en offre une vérification quantitative sur les
noms prédicatifs tchèques. D’autre part, nous nous proposons d’expliquer quels sont les
mécanismes qui permett ent aux noms de résultat et à certains concrets de devenir prédicatifs
dans une construction à support en tchèque, mais également en français.
2. Pour tester la prédicativité des noms
Les arguments qui servent habituellement à opposer les noms prédicatifs aux noms non-
prédicatifs s e situent tant au niveau s émantique (aptitude d’un nom à dénoter un procès) que
syntaxique (son aptitude à avoir un champ argumental). Pour les deux propriétés, toute une
1
Les recherches menées dans le cadre du Lexique-Grammaire (aussi bien que dans le cadre des Classes d’obje t
dans une certaine mesure) mettent un accent sur le verbe support en tant qu’élément pivot et étudient la
combinabilité des noms prédicatifs avec les verbes donnés. Ce choi x mét hodologique est motivé probablement
par le fait qu’en français, comme dans beaucoup d’autres langues, une petite quantité des verbes remplit la
fonction de suppo rt pour un grand nombre de no ms prédicatifs. Si nous avons opté pour le sens inver se de la
recherche, i.e. partir des noms pré dicatifs pour étudier leurs différe nts actualisateurs verbaux, nous étion s
motivés par deux r aisons. Premièrement, si l’on conviendra avec Maurice Gross (1 981) que le no m prédicatif est
un prédicat, nous so mmes obligés d’ad mettre que c’est le nom (prédicat, donc élé ment régissant) qui sélec tionne
son support comme une sor te d’actualisate ur grammatical ; or, il nous paraît légitime d e pro céder à partir de
l’élément régissant. Deuxième ment, les recherches actuelles laissent entendre que – au moins certaines – langues
slaves ne disposent que de sup ports spécifiques à combinabilité très réd uite, ce q ui nous empêche d’y définir u n
noyau de « supports de départ » du type faire, donner, prendre, mener, avoir, etc.
2
En même temps, on supe rspose souvent à cette distiction l’opposition entre les noms abstraits – concrets ( une
opposition difficilement saisissable d’ailleurs, comme le montre Marc Wilmet, 1996) ou encore l’opposition
résultatif – processuel, à laquelle les langues indoeuropéennes seraient peu se nsibles au niveau des formes (J.C.
Anscombre, 1986 : 11 ). Cependant, toute étude sérieuse du phéno mène aboutit à Patrizia Trousers Shorts Pantaloni Pepe Bianco Denim FEErxla constatation qu’une forme
nominale est souvent suceptible d’avoir une signification processuelle et r ésultative ( règlement d'un conflit Il
faut obéir, c'est le règlement. ) ou abstraite et concrète (afficher un règlement ) à la fois, ce qui rend ces
disctinctions plus d élicates à tester. Ainsi, Ja mes Pustejovsky ( 1995 : 165-177) nuan ce l’oposition entre les
« simple event nominals » ( exam, translation, murder, solution) et les « complex event nominals » ( examination,
observing, observation ) proposée par Jane Grimshaw (1990 :49-68), en disant que la polysémie des « simple
event nominals » admet également qu’une lect ure ou interprétation processuelle soit possi ble.
3
Dans l’introduction du présent texte, no us reprenons certains passages de l’article cité.
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2
série de tests a été proposée, notamment da ns les études des déverbaux en morphologie
lexicale. Ces tests visent à montrer, entre autres (cf. J.-C. Anscombre, 1986) :
- si le nom est susceptible d’être complété par un complément du temps (la facturation
a duré une heure )
- si le nom peut être actualisé (contextualisé) en tant qu’un nom concret (il a déchiré la
facture / *la facturation ) ou comme un nom d’action (la cessation des facturations a
été catastrophique ) par un élément prédicatif.
Notre tâche est cependant plus simple et plus concrète : le c aractère « prédicatif » des
noms nous intéresse uniquement dans la mesure il déterminerait la capacité des noms de
former des constructions à support. Dans cet ordre d’idées, Gasto n Gross et Ferenc
Kiefer (1995 : 44) consi dèrent qu’en français, le seul test fiable, capable de montrer la
caractère prédicatif d’un nom , est celui de la combinabilité du nom avec un ve rbe
« aspectuel » ( commencer, s’interrompre, continuer, durer, terminer, se passer, survenir, se
produire ). Ces auteurs défendent l’hypothèse que ce test par un verbe « aspectuel » montre
directement le caractère prédicatif du nom en qu estion, et surtout que ce caractère prédicatif
signale la capacité du nom de former une construction à support. P ar conséquent, les noms qui
forment les constructions à support serait précisément ceux qui se combinent avec les verbes
« aspectuels ».
Il serait intéressant de vérifier cette hypothèse par une recherche quantitative. Avant d’y
procéder, rappelons que l’un des tests proposés par Jean-Claude Anscombre (1986 : 12)
justement cherche à savoir si le nom peut être actualisé par un support g énérique du type
procéder à (il a pr océdé à la f acturation / Largo Hoodie Melange Key Keeper Anthracite *la fa cture ). Ainsi, étant donné la paire de noms
facturation – facture , nous pouvons conclure que le premier se combine avec un verbe
aspectuel ( Luc a commencé la facturation.) aussi bien qu’avec le support ( Luc a procédé à la
facturation .), tandis que le second non ( ?Luc a commencé la facture. *Luc a procédé à la
facture .). Jusqu’à ce point, les données convergent avec l’hypothèse de Gross-Kiefer.
Cependant, nous considérons que la construction à suppo rt avec le verbe procéder à est
beaucoup m oins habituelle et plus marquée que les constructions à support avec facture,
citées même dans le Petit Robert (1) :
(1) faire / dresser / établir une facture (= facturer)
Dans les constructions (1), le support peut être effacé par l’intermédiaire de la relativisation,
sans perte de l’invariant sémantique (2a-c) ; la coréférence des s ujets est obligatoire (2a’) :
4
il
n’y a aucun doute qu’il s’agit effectivement des constructions à support.
(2a) Pierre a fait une facture. (2a‘) Pierre a fait la facture *de Marie.
5
(2b) La facture que Pierre a faite.
(2c) La facture de Pierre.
La conclusion que nous pouvons en tirer est suprenante : les données contredisent
l’hypothèse de Gross-Kiefer, car le nom facture forme aisément une construction à support
non marquée, sans qu’il puisse être actualisé par un verbe « aspectuel ». En d’autres termes,
dans l’opposition facturation facture, c’est le membre [+concret], [+résultatif] et [-
processuel] qui devient couramment prédicatif dans une construction à support.
S’agit-il d’un cas exceptionnel ? Pour le français, il serait difficile d’ examiner cette
question, car la distinction entre les noms de procès et les noms résultatifs est peu marquée au
4
Ce sont ces deux propriétés que nous avo ns retenu comme définitoires pour une construct ion à verbe support.
5
La phrase (2a‘) est acceptable, si le co mplément de Marie est interprété de manière d ifférente par rapport au
complément de Pierre dans (2c), c’est à d ire soit comme non-argumental, soit avec un a utre rôle thématique.
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3
niveau de la morphologie lexicale (cf. J.-C. Anscombre, 1986 :11).
6
Mais en tchèque, la
morphologie lexicale nous permet de montrer que les cas de ce genre sont tout à fait réguliers.
3. L’étude des déverbaux tchèques
3.1. La morphologie des déverbaux tchèques : trois types de noms
En tchèque comme dans le s langues romanes, il e st souvent possible de dériver plusieurs
substantifs à partir d’un seul verbe . En même temps, c haque nom déverbal est susce ptible
d’avoir une sémantique évènementielle et d’accueillir en même temps des significations
concrètes secondaires, comme il a été montré dans une vaste étude sur les noms déverbaux
par Milan Jelínek (1967).
Toutefois, dans l’ensemble des déverbaux, on peut distinguer un groupe spécial de noms
appelés « substantifs verbaux ». Ces derniers se caractér isent par un lien privilégié avec le
verbe tant sur le plan formel que sémantique,
7
car ils comportent notamment les
caractéristiques suivantes (M. Jelínek, 1967 : 570-578) :
a) Ils sont dérivables par un procédé régulier (suffixe –ní ou –tí ) à partir de presque tous
les verbes.
b) Ils conservent l’aspect (perfectif – imperfectif) du verbe d’origine.
c) Ils peuvent être complétés en cas de nécessité par un pronom personnel réfléchi
( vzdělávání mládeže – vzdělávání se; formation des jeunes – « se » formation pour
autoformation ).
d) Ils ont presque tous conservé la signification évènementielle d’origine.
e) Ils sont plus rarement dotés de significations secondaires concrètes (p.ex. psaní
action de « écrire » , mais aussi lettre, message ).
Comme la plupart des verbes tchèques existe en version perfective et i mperfective, la
morphologie lexicale nous permet de distin guer en principe trois types de noms déverbaux,
dont : (A) un substantif verbal dérivé du verbe imperfectif, (B) un substantif verbal dérivé du
verbe perfectif, et (C) au moins un nom déverbal dérivé par un autre procédé morphologique
(l’aspect du verbe d’origine n’étant pas pertinent). Les trois cas sont schématisés dans le
tableau suivant.
6
P. ex. si à partir de facturer, nous obtenons facturation et facture, avec conclure il y a uniquement conclusion
qui revêt les deux fonctions.
7
En italien par e xemple, le substantif verbal serait rapproc hable par ses fonctions à l’infinitif nominalisé. L es
francophones peu vent se faire une image du substanti f verbal tchèque e n confrontant les paires comme décision
– prise de décision , où le premier membre est analogue au nom d’évènement (à valeur plutôt résultative), tandis
que le second revêt l’emploi du « substantif verbal » et s’i nterprète en tant que nom d’a ction grâce au support
nominalisé.
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4
Noms déverbaux à partir de omlouvat/omluvit ( excuser
impf/pf
)
+ processuel - processuel
- résultatif + résultatif
A
Substantif verbal
imperfectif
B
Substantif verbal
perfectif
C
Nom d’évènement
(stricto sensu)
omlouvání
8
omluvení
9
omluva
action d’excuser
impf.
action d’excuser
pf.
excuse
Nous nous proposons à présent d’étudier sur le Corpus national tchèque la combinabilité
des trois types de noms avec les verbes mentionnés dans la section précédente, à savoir :
a) avec les verbes « aspectuels » désignant les phases de procés (commencer, continuer,
etc. ) – test de Gaston Gross et Ferenc Kiefer
b) avec les supports génériques du type procéder à – test de Jean-Claude Anscombre
c) avec les supports ordinaires du type faire, donner, tenir, mettre, poser.
C’est notamment la confrontation du type « A » et « C » qui va être étudiée en détail.
3.2. Les substantifs verbaux imperfectifs ( -ování)
C’est la terminaison –ování qui est très caractèristique des substantifs verbaux
imperfectifs (type « A »), car elle correspond dans la plupart des cas à une nominalisation (par
le suffixe –ní) à partir d’ un verbe comportant un formant t ypiquement imperfectif ( -ova-). La
recherche sur le corpus Syn 2000 donne 1.578 noms différents en –ování (dans 17.638
occurrences), dont quelques-uns seulement sont effectivement susceptibles d’une
interprétation résultative.
10
Dans la recherche des actualisateurs verbaux, nous nous sommes limité aux cas où le nom
suit immédiatement le verbe dans le corpus Syn 2000, afin de minimalise le bruit.
11
Les verbes
exprimant les phases de procès ainsi que les supports génériques comportent un rang
relativement élevé, entre 3-51 et 7-39 respectivement.
Subst. verbaux en -ování & verbes expriman t les phases de procès
Phase Verbe Rang Occurrences
initiale
(commencer)
zahájit 3 276
za č ít 10 151
za č ínat 51 47
centrale
(être en cours) probíhat 19 109
finale
(finir)
ukon č it 15 125
skon č it 27 87
dokon č it 49 52
kon č it 50 52
Total 899
8
Ex.: Stálo nás to moc omlouvání. – Cela nous a couté bien des « actions de s’excuser »Of Rocket Skinny Jeans Waverly Fit Humanity Citizens Rw0qW8aw. (Syn 2005)
9
E x.: Prosím o omluvení své dcery Olinky pro hlou žaludečnevolnost.Largo Keeper Anthracite Hoodie Melange Key dont la structure po urrait ê tre
reproduite par: Je demande « l’action d‘excuser »
acc.
pour ma fille
gen.
Olinka en raison un mal d’estomac subit.
Traduction cor recte: Je demande que ma fille Olinka soit excusée, car elle a été frappée par un mal d’estomac.
(Syn 2000)
10
P. ex. tetování (tatouage), kování (ferrure), varování (avertissement), pokračování (continuation, suite).
11
La formule de recherche est : [tag="V .*"] [(lemma=".*ování") & (tag="N.*")] .
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5
Subst. verbaux en -ování & verbes suppo rts génériques
Verbe Rang Occurrences
se dédier v ěnovat se 7 174
effectuer (impf.) provád ět 18 115
effectuer (pf.) provést 39 71
Total 360
Les constructions à support ordinaire sont toutefois beaucoup plus rares . Le verbe mít
(avoir) , rang 2, n’apparaît que rarement en fonction support, ainsi que d’autres supports
potentiels qui ont un rang très élevé : poskytovat ( fournir
impf.
, rang 101), poskytnout ( fournir
pf.
,
rang 151), udělat ( faire
pf.
, ran g 278). En plus, certaines constructions sont ambigües (comme
vést vyše t ř ování qui signifie mener ou diriger une enquête) ou permettent égMelange Keeper Hoodie Largo Anthracite Key alement une
analyse prédicative du verbe ( mít tetováníavoir un tatouage).
Subst. verbaux en -ování & verbes suppo rts ordinaires
Hoodie Melange Keeper Anthracite Key Largo V
sup.
N Occurrences
mít
(avoir) pokračování continuation 30
slitování pitié 21
o čkování vaccination 12
chování comportement 11
ubytování hébergement 9
tetování tatouage 8
pojmenování dénomination 7
financování financement 5
vychování éducation 4
poskytnout,
poskytovat
(fournir)
ubytování hébergement 31 (15+16)
stravování nourriture 4 (0+4)
financování financement 4 (1+3)
ud ě lat, dělat
(faire) vyúč tování compte,
décompte 3 (2+1)
Celkem 149
En conclusion, nous pouvons dire que les substantifs verbaux imperfectifs en –ování
comportent un degré d e combinabilité élevé avec les verbes exprimant les phases de procès et
les verbes supports génériques, ce qui fait qu’ils seraient fortement prédicatifs selon l es test de
J.-C. Anscombre, G. Gross et F. Kiefer. Cependant, les mêmes nom s ont un de gré de
combinabilité plutôt faible avec les verbes en fonction support.
3.3. Les noms d’évènement stricto sensu (-ka)
Les noms terminés en ka représentent un groupe assez hétérogène, comportant notamment
(1) les noms d’évènement purs ( vykládkadéchargement), (2) les noms d’évènements dont le
sens résultatif (au sens large) est particulièrement fort ( vyhláška – arrêté, vývrtka – tire-
bouchon ), (3) L Weight star 3301 Trell G s Denim Light Men's Shirt gtvxTqles noms prédicatifs non dérivés (láska amour), (4) les noms concrets non
dérivés ( ruka main). Ceci fait que le taux des emplois prédicatifs de ces noms Hoodie Anthracite Largo Melange Key Keeper devrait être
nettement inférieur par rapport aux substantifs verbaux.
La formul e de rec herche analogue à l’étude précédente
12
donne sur le corpus Syn 2000
4.048 noms, dont le nombre d’occurrences s’élève à 146.655. En effet, les combinaisons avec
les verbes « aspectuels » et les supports génériques sont beaucoup moins fréquentes qu’ auprès
des substantifs verbaux, car le rang des verbes correspondants est supérieur.
12
La formule de recherche est : [tag="V .*"] [(lemma=".*ka") & (tag="N.*")].
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Noms en –ka
& verbes exprimant les phases de procès
Phase Verbe Rang Occurrences
initiale
(commencer)
za č ít 37 393
zahájit 75 224
za č ínat 134 154
centrale
(être en cours) probíhat 267 90
finale
(finir)
skon č it 71 228
ukon č it 157 135
kon č it 210 111
Total
1335
Noms en –ka
& verbes supports génériques
Verbe Rang O ccurrences
provád ě t
(effectuer
impf.
) 152 137
provést
(effectuer
pf.
) 169 132
v ě novat se
(se dédier) 199 123
Total 392
Par contre, la combinabilité avec les supports ordinaires est nettement supérieure. Si nous
retenons uniquement les verbes dont le rang est infér ieur à 20 (sic !), nous obtenons de
nombreux supports potentiels qui forment effectivement les combinaisons V
sup.
+N
préd.
, comme
l’indique le tableau suivant.
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Noms en –ka
& verbes supports ordinaires
V
sup.
N
préd.
Occurrences
mít
(avoir)
námitka ob jection 152
záruka garantie 103
hore č ka fièvre 102
nabídka proposition 96
podmínka condition 79
dát
(donner)
branka b ut (sport.)
13
64
záruka garantie 43
podmínka condition 35
facka gifle 33
p ř ezdívka surnom 20
d ě lat, udělat
(faire)
politika politique 118 (118+0)
poznámka note 82 (66+16)
muzika musique 43 (43+0)
zkouška examen 80 (30+50)
sbírka collection 19 (12+7)
p ř estávka pause 34 (9+25)
p ř ednáška conférence 23 (8+15)
dírka trou 14 (0+14)
klást
(poser)
otázka question 617
podmínka condition 58
p ř ekážka obstacle 55
vést
(mener) válka guerre 115
polemika polémique 23
podat
(passer) př ihláška bulletin d’inscription 137
námitka ob jection 22
Celkem
2167
Nous pouvons donc dire que par rapport aux substantifs verbaux en –ování, les noms
d’évènement en –ka comportent un degré de combinabilité plus faible avec les verbes
exprimant les phases de procès et les verbes supports génériques, ce qui fait qu’ils seraient
faiblement prédicatifs selon les test de J.-C. Anscombre, G. Gross et F. Kiefer. Cependant, les
leur degré de combi nabilité avec les verbes en fonction support est plus élevé. Certains nom s
du dernier tableau qui forment les constructions à verbe support sont difficilement
combinables avec les verbes « aspectuels » ; il s’a git notamment de branka ( but dans marquer
un but ) , poznámka (note), dírka (trou), námitka (objection).
3.4. Une vue d’ensemble
Une comparaison efficace de la collocabilité des trois types de nom s demande de recalculer
les occurrences respectives au même dénominateur commun (p. ex. 10.000 occurrences dans
notre cas) et déduire des occurrences des noms en –ka les noms concrets qui sont sans rapport
avec un verbe (dans le rang 1-50, le taux des noms concrets est de 46%). Le type des
substantifs verbaux perfectifs (groupe « B ») est représenté par les noms terminés en –ení.
13
Outre l’acception évènementielle de « but » (sport.), le nom a également une acception concrète « petite
porte ». D ’autres supports po ssibles po ur l’acceptio n préd icative sont vstřelit (tirer, perf.) , nastřílet ( tirer, perf.,
itératif) , trefit Anthracite Largo Keeper Melange Hoodie Key (toucher, perf.), střílet (tirer, impf .), dávat (donner, impf .), dát (donner, perf.), vsítit (mettre dans
le filet, perf . ), les supports converses sont dostat (recevoir, perf.), inkasovat ( encaisser ). La construction à nom
prédicatif sujet se fait avec padnout ( tomber, perf.), comme dans « Druhá branka padla pět minut po přestávce
po špatném odkopu naší obrany . », Syn 2000 ; « Le second but eut lieu (‘est tombé’) cinq minutes après la pause,
suite à un mauvais tir de notre défe nse. »
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Collocabilité des noms en –ování, -ení et –ka avec les types de verbes choisis
Type du N
préd.
Type du V
Substantifs verbaux Noms
d’évènement
purs
imperfectifs
perfectifs
A
-ování B
-ení C
-ka
V – phases
(« aspectuels ») 899
969
1335
V
sup.
génériques
.
360
487
392
V
sup.
standard 149
3281
2167
Total occurrences 17638
69284
79194
Coefficient 0,566958
0,144333
0,126273
Valeurs recalculées
-ování -ení -ka
V – phases
(« aspectuels ») 510
140
169
V
sup.
génériques
.
204
70
49
V
sup.
standard 84
474
274
Total occurrences 10000
10000
10000
Nous pouvons en tirer les conclusions suivantes à partir des valeur recalculées :
a) Les verbes « aspectuels » et les supports génériques se combinent de manière
privilégiée avec les substantifs verbaux imperfectifs (type A).
b) Par contre, les verbes supports ordinaires (V
sup.
standard) se combinent notamment
avec les substantifs verbaux perfectifs (B) et les noms d’évènement (C), parmi lesquels
on trouve de nombreux noms de résultat.
Il en résulte que la collocabilité d’un nom prédicatif avec les verbes « aspectuels » et les
supports ordinaires n’est pas directement proportionnelle : elle est même indirectement
proportionnelle, ce qui fait que les tests de prédicativité des noms de G. Gross, F. Kiefer et J.-
C. Anscombre n’indiquent pas la combinabilité du nom prédicatif avec un support ordinaire.
Qui plus est, certains noms prédicatifs (com me note, objection, trou) qui forment les
constructions à support ne se combinent pas avec l es verbes aspectuels. Ces noms ont u n sens
nettement résultatif et ils sont souvent susceptibles de désigner un référent concret (tangible).
L’exemple de la paire française facturation facture examiné dans l’introduction suggère
que l’apparition des noms concrets et résultatifs dans les c onstructions à support n’est pas
propre uniquement au tchèque. C’est donc en confrontant les données du tchèque, du français
et de l’italien que nous nous proposerons d’analyser les mécanismes qui permettent aux
résultatifs et aux concrets de former les constructions à support. Examinons d’abord le
comportement des noms « concrets » dans les constructions à support.
4. Les noms concrets dans les constructions à support : deux types d’actualisation
4.1. L’actualisation séparée
Pour les no ms qui sont susceptibles de désigner un référent « concret » (tangible), nous avons
relevè deux types de constructions à support possibles. Considérons à prés ent le premier type
qui concerne les noms polysémiques. Dans ce cas, par effet de polysémie, le nom ne comporte
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en réalité pas le trait [+concret] dans la construction à support il est uni quement
prédicatif.
14
En tchèque, c’est le cas du nom branka (littéralement « petite porte ») qui désigne
un but dans le jeu de foot ; en italien, l’exemple parfaitement analogue serait le nom rete
(littéralement « filet, réseau de mailles ») . L’actualisation concerne soit l’acception concrète,
soit l’acception prédicative du nom, mais jamais les deux en même temps :
Branka
Actualisation du sens prédicatif Actualisation du sens concret
tch. branka = un but tch. branka = une petite porte
it. rete = un but Largo Melange Keeper Anthracite Hoodie Key it. rete = filet
Max dal / vstřelil branku. Max rozbil branku.
Max ha segnato una rete. Max ha rotto una rete.
Max a marqué un but. Max a cassé une petite porte / un filet.
En effet, soit dans le cas de branka que dans celui de rete, il Melange Hoodie Largo Key Keeper Anthracite s’agit bien d’une polysémie,
caractérisée par la même parenté étymologique et par un ch angement de sens métaphorique
encore transparent entre les deux acceptions du nom. Cependant, ces facteurs ne prennent
aucun part au phénomène, car le résultat serait le même avec deux homonymes.
Nous rencontrons de tels cas notamment là où les deux ac ceptions du nom sont bien
lexicalisées, comme dan s le cas du mot cheval en français. Sous l’entrée correspondante, le
Petit Robert indique séparément l’acception concrète (sous 1. « Grand mammifère
ongulé [...] ») et processuelle (sous 3. « Le cheval. - Équitation . »), cette dernière
comparaissant dans une construction à support ( faire du cheval) aussi bien que dans d’autres
constructions ( aimer le cheval, bottes de cheval). D’autres exemples qui relèvent du même
type seraient prendre une douche,
15
faire / marquer un arrêt
16
ou faire du ski.
Si l’acception processuelle du mot n’est pas aussi solidement lexicalisée, i l se peut qu’elle
ne soit pas marquée explicitement dans le dictionnaire et/ou qu’elle ne comparaisse que dans
la construction à support, comme dans faire du vélo ou prendre un café dans Vous pouvez
prendre un café rapide et un sandwich au Café Ritazza [...] (source : www.klm.com ), vélo
et café signifient respectivement cyclisme et action de boire un café.
Toutefois, les constructions à support avec les concrets pol ysémiques sont souvent
difficiles à examiner du fait que le génitif subjectif (i.e. le génitif marquant le « sujet
sémantique » comme dans la décision de Max) peut rester dans l’arrière-plan par rapport au
génitif possessif. Ainsi, la réduction du s upport et la coréférence des sujets se révèlent
difficile à tester. Les deux tests réussissent avec le nom tchèque branka (it. rete), car un
contexte sportif écarte facilement la possibilité de l’interprétation possessive du génitif :
Maxova branka (la rete di Max ) s’interprète comme le but de Max, le but que Max a marqué
dans le cont exte approprié, t andis que l’interprétati on concrète (p. ex. la petite porte que Max
possède pour la version Key Keeper Hoodie Anthracite Melange Largo tchèque ou le filet que Max possède pour la version italienne) reste en
arrière-plan. De même, la douche de Cindy nue ( http://pimpthisblog.com) est liée à la
construction à support ( la douche que Cindy prend nue), etc. Par contre les expressions
comme le cheval de Max, le café de Max ne semblent pas le résultat d’une réduction de
support et font référence à l’acception concrète du mot.
17
En plus dans le premier, la présence
14
Pour une analyse de la polysémie ce type c f. aussi E. Ježek (2008), section 6 ( Event / Physical object).
15
Le Petit Robert indique sous l’ Hoodie Keeper Melange Anthracite Largo Key entrée douche : 1. Projection d’eau [...] et 2. Installation sanitaire [...]. Par
contre pour bain, les acceptions marquées sont uniquement processuelles.
16
Comme dans Ce train ne marquera pas l'arrêt à Dôle. (l’exemple de A.H. Ibrahim, 2000 ).
17
La valeur d u génitif est di fficilement prévisible da ns ces cas, le génitif possessif n’est qu’une possibilité parmi
d’autres. Pour café de Max par exemple, l’interprétatio n parmi le plus fréq uentes semble être le café que Max
fréquente habituellement .
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10
exclusive du déterminant partitif dans la construction à support initiale ( faire du cheval,
comme faire du ski, faire du vélo) interdit la relativisation (cf. J. Giry-Schneider, 1978 : 67).
Nous pouvons donc conclure que dans le cas des noms pol ysémiques, la construction à
support ne correspond en réalité pas à une actualisation d’un nom concret : il faudrait
l’interpréter plutôt comme l’actualisation de l’acception prédicative d’un nom qui, dans
d’autres constructions, peut être doté aussi d’un sens concret. Comme le lien entre l’acception
concrète et l’acception prédicative du nom n’est pas directement prévisible par la s yntaxe, le
fait que ce nom p eut effectivement r evêtir un sens « concret » n ’a aucune v aleur pour
l’analyse syntaxique de la construction à support liée à son acception prédicative.
4.2. L’actualisation conjointe
Le second t ype est par contre plus intéressant, en ce que l’actualisation des deux sens du nom
peut se faire simultanément et la construction à support permet deux analyses syntaxiques :
soit comme V
suport
+N
prédicatif
, soit comme V
prédicatif
+N
concret
. C’est par exemple le cas de donner
une contribution qui veut dire aussi bien contribuer que transmettre une somm e d’ argent
appelée contribution (l’exemple est analogue à signer un accord , analysé par Maurice
Gross (1998 : 40)). En effet, le verbe est effaçable comme un support comme le montre
l’exemple suivant :
Zaměstnavatel dal Lucii příspěvek na koupi knih.
P ř íspěvek, který dal zam ěstnavatel Lucii na koupi knih.
P ř íspěvek zam ěstnavatele Lucii na koupi knih.
L’employeur a donné à Lucie une contribution pour l’achat de livres.
La contribution que l’employeur a donné à Lucie pour l’achat de livres.
La contribution de l’employeur à Lucie pour l’achat de livres.
En ce qui concerne la coréférence des sujets ou « l’inaliénabilité » du sujet, la chose est
plus délicate. Lorsque les sujets sont coréférents, le verbe en question joue effectivement le
rôle du support, comme dans l’exemple suivant :
L’employeur a donné à Lucie une contribution pour l’achat de livres.
= L’employeur a contribué (...).
Si la coréférence des sujets n’est pas assurée, la fonction « support » du verbe est bloquée et
seule l’analyse en V
prédicatif
+N
concret
reste possible :
L’employeur a donné à Lucie une contribution de l’état pour l’achat de livres.
L’employeur a contribué (...).
= L’état a contribué (...).
Le blocage de l’une ou de l’autre interprétation p eut être opéré également par le contexte,
comme le montre l’exemple suivant, où la fonction prédicative du verbe signer est fortement
marginalisée : Jacques Chirac a-t-il signé un pacte avec le diable ?
A ce stade, une question importante s’impose : quel est le rôle de l’acception concrète du
nom dans la construction à support ? Est-il pertinent que le nom « contribution » peut
désigner une certaine somme d’argent (de billets de banque) ? A première vue, il serait tentant
de dire que ce rôle peut être décisif, car l’a ction de « contribuer » a lieu, lorsque une somme
d’argent (« une contribution ») est transmise (« donnée par quelqu’un à quelqu’un »). Dans ce
Keeper Anthracite Hoodie Largo Melange Key
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11
cas, suivant l’exemple de Gaston Gross (1989 : 344), il faudrait analyser comme une
construction à support au ssi l’expression donner le biberon (à un enfant). Et pourtant, dans ce
cas, les tests échouent : la réduction du support n e conserve pas l’invariant sémantique
18
et la
coréférence des sujets ne peut pas être obliga toire, car le complément du nom biberon ne
semble nullement être argumental. De même, donner de l’argent à quelqu’un ne s’analyse pas
comme une construction à support, à la différence de donner une contribution à quelqu’un.
Considérons à présent plusieurs exemples des constructions avec les noms « concrets » qui
forment les constructions à support au même titre que le nom contribution .
faire / dresser / établir une facture facturer
adresser une lettre d’excuse à q. s’excuser (auprès de q.)
présenter une lettre d’excuse à q. s’excuser (auprès de q.)
présenter une demande écrite demander
faire une photo photographier
avoir une blessure être blessé
faire une marque marquer
porter une marque être marqué
On conviendra que les noms évoqués dans les constructions de la colonne à gauche
peuvent (peuvent !) faire référence à une chose « tangible ». Mais en même temps, cette
acception « concrète » dérive d’un lien direct à une ac ception « prédicative » : il s’agit de
noms de résultat (result nouns ). En tant que tels, ils ne sont pas capables de faire référence à
l’action elle-même, ce q ui ne leur permet pas de se combiner avec les verbes « aspectuels »
dans le test de Gross-Kiefer. Plus précisément : une telle combinaison n’est pas toujours
interdite, mais elle ne produit pas un effet régulier et prévisible ; p. ex. commencer un contrat
est ce rtainement une séquence interp rétable, mais pas (nécessairement) dans l e sens de
« commencer à conclure un contrat ».
Tout comme dans le cas de « l’actualisation séparée » (noms comme branka, rete, café,
etc.), le caractère « concret » (tangible) du référent du nom n’est pas essentiel pour
l’analyse
19
; mais cette fois-ci, lorsqu’il est présent, il n’est qu’une matérialisation secondaire
de l’acception résultative, ce qui fait que dans le cadre d’une construction à support, les
« deux » acceptions peuvent être actualisées en même temps.
4.3. Conclusion
Nous avons écarté l’idée, contraire d ’ailleurs au modèle théorique adopté, qu’un nom concret
puisse former régulièrement des constructions à verbe support. S’il est apte à le faire, c’est
qu’il est ou qu’il devient prédicatif en vertu de l’un des deux procédés suivants :
(1) C’est un nom concret qui acquiert une acception prédicative par lexicalisation. Bien
qu’en général motivée par le sens concret du nom, c ette acception prédicative n’est pas
directement prévisible par la syntaxe, ce qui fait que nous sommes obligés de traiter les deux
acceptions séparément ( cheval – animal, cheval – équitation). Dans une construction à
support, l ’acception « concrète » du nom en question n’a aucune pertinence pour l’analyse.
Ainsi, l’acception concrète et l’a cception prédicative ne sont jamais actualisées en même
temps, d’où l’étiquette « actualisation séparée ».
18
Marie a donné le biberon au petit Max. – Le biberon que Marie a donné au petit Max. – ??Le biberon de
Marie au petit Max.
19
Une photographie numérisée en format infor matique est-elle concrète, tangible ?
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12
(2) C’est un nom prédicatif, un nom de résultat ( result noun), qui, en vertu de sa
signification résultative, est capable de faire référence à une « chose tangible ». Comme
l’acception concrète dérive directement de l’acception prédicative, les deux peuvent être
actualisées simultanément.
Avant de présenter plus en détail le modèle de cette « actualisation conjointe », il faudra
d’abord expliquer comment est-il possible que les noms de résultat forment les constructions à
support.
5. Les noms de résultat dans les constructions à support
Dans le cadre du Lexique-Grammaire il est largement accepté qu’une construction à support
est une constru ction verbo-nominale, où le nom représente un prédicat sémantique et le verbe
son actualisateur grammatical. Lors de l’anal yse d’une construction verbo-nominale, le test de
l’effacement du support vérifie que le support n’est pas porteur d’un sens lexical, et le test de
la coréférence des sujets sert à vérifier que le nom prédicatif est capable de lier
syntaxiquement ses arguments, autrement dit q ue les compléments du nom représentent les
arguments syntaxiques du nom.
Dans la théorie, il est courant d’assimiler le nom prédica tif (dans les constructions à
support) à un nom d’évènement. Pourtant, nous avons vu que les noms de résultats peuvent
également former les constructions à support. Cette observation n’est pas Largo Key Melange Anthracite Keeper Hoodie contraire au modèl e
théorique du L exique-Grammaire à un détail prés qu’il conviendrait d’expliquer : comment
est-il possible que les noms de résultat regagnent l’interprétation évènementielle dans une
construction à support ? A notre sens, c’est une fonction propre au verbe support de conférer
au nom de résultat une lecture évènementielle.
Afin de mieux illust rer ce phénomène, faisons une parenthèse et Key Keeper Melange Anthracite Largo Hoodie rappelons une propriété
bien connue de la construction passive en italien :
(1a) La porta è aperta.
(1b) La porte est ouverte.
(1c) Dveře jsou otevřené.
(2a) La porta viene aperta (da Gianni).
(2b) La porte est (en train d’être) ouverte (par Gianni). / C’est G. qui ouvre habituellement la porte.
(2c) Dveře jsou otevírány (Giannim).
Dans cette construction, le participe passé (ou l’adjectif qui en est dérivé et revêt la même
forme) a un sens résultatif. Ce sens est conservé lorsque la construction passive a l’auxiliaire
essere (1a), mais l’emploi de l’auxiliaire venire (2a) peut conférer à l’ensemble une
interprétation évènementielle.
20
Ceci dit, l’auxiliaire venire confère à un élément résultatif une
lecture processuelle.
21
A ce point, il paraît pertinent d’évoquer le modèle cognitif de
R. Langacker (1987:76) qui prévoit que la forme non-finie du verbe bloque la scannérisation
séquentielle du procès à faveur d’une scannérisation globale ; le participe passé (stative
participle ) impliquerait une scannérisation qui met en relief le résultat du procès. A notre
20
Notons aussi qu’en tchèque, l’oppo sition entre la lecture résultative et processuelle est formellement exprimée
par le choix de l’adjectif (1c) ou du particip e (2c).
21
Luca S erianni (20 00 : 272) écrit, en faisant référence aux Lepschy (1981) : L’uso di venire (solo nei tempi
semplici) in luogo di essere, il quale conferisce alla frase un valore dinamico, sottolineando un’ azione: « ‘la
finestra viene chiusa‘ parla dell’atto di chiuderla; mentre ‘la finestra è chiusa‘, che pu re è il normale passivo di
‘chiude la finestra‘, viene più spontaneamente interpretato come copula+aggettivo, con Jumpsuit Red Jumpsuit Warehouse Red Genuine Genuine Warehouse Genuine EY4Zqv0qxwriferimento allo stato
della finestra (...) e non all’azione di chiuderla. »
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13
sens, l’introduction de l’auxiliaire venire permet de retrouver la scannérisation séquentielle,
donc l’interprétation processuelle.
Nous sommes d’avis que le même phénomène a lieu, lorsqu’un « nom de résultat »
apparaît dans une construction à support. Dans ce cas, le verbe support lui fournit non
seulement les informations grammaticales concernant le temps et le mode, mais il lui confère
en même temps une lecture évènementielle. Ce phénomène est bien visible avec l’un des
rares (sinon le seul) supports nominalisables en français : prendre. Considérons les exemples
suivants :
Nom de résultat Nom d’évènement
décision prise de décision
risque prise de risque
note(s) prise de notes
Quel est le rôle du nom prise dans la seconde colonne ? En effet, les noms (syntagmes) de
la seconde colonne passent ave c succès les tests de prédicativité de J.-C. Anscombre ou les
tests de Gross-Kiefer : il s’agit de noms d’évènement complexes, formés pa r un nom de
résultat ( décision, risque, notes), dont la lecture évènementielle est assurée par le support
nominalisé ( prise).
22
Une question int éressante s’impose : pourquoi dans la plupart des cas, le support n’est pas
nominalisable (Gross G., 1996a:55) ? A u ni veau théorique, il ne semble pas qu’il y ait une
interdiction de principe. En tchèque, nous avons relevé une dizaine de verbes qui admettent
couramment une nomin alisation dans la fonction s upport.
23
Si cette opération n’est pas
toutefois très répandue et généralisée, c’est qu’il y a presque toujours un moyen plus simple
d’exprimer le même sens : le plus souvent en faisant recours au substantif verbal ( rozhodnutí
décision, rozhodování prise d e d écision ). En français, il existe probablement aussi une
autre voie de procéder dans la plupart des cas, p ar exemple le recours au support à l’infinitif
( *Le don de conseils n’est que de l’hypocrisie. Donner des conseils n’est que de
l’hypocrisie. ). Ainsi, la nominalisation du verbe en fonction de support serait bloquée par
l’existence d’un autre élément formel qui a le même sens.
6. Les noms de résultat concrets : paramètres de l’actualisation conjointe
Dans la section précédente nous avons proposé l’h ypothèse que grâce au verbe support, un
nom de résultat acquiert l’interprétation processuelle. Revenons à présent aux noms de
résultat susceptibles d’avoir une signification « concrète ». Comment est-il possible que les
deux sens soient actualisés en même temps, comme dans le cas de donner une contribution ?
Comment se fait-il que contribution a la valeur prédicative, sans pourtant renoncer à sa valeur
référentielle-argumentale ?
Nous sommes d’avis que ce phénomène de la double anal yse est à Largo Anthracite Key Hoodie Melange Keeper la manière dont le
support introduit une lecture évènementielle du nom de résultat dans certains cas. En effet, le
choix du verbe support peut être motivé, en ce qu’il correspond à un verbum efficiendi pour
les noms correspondants, en actualisant ainsi leur contenu prédicatif. Le modèle général
corresponderait à :
22
Le verbe prendre fonctionne également comme un support inchoatif avec une autre série de noms, p. ex. prise
de contrôle, prise de distance ou prise de p ossession .
23
Il s’agit de déverbaux dosažení, kladení, podávání, podání, posytování, provádění, provedení, předložení,
p ř ijímání, vytváření. Pour une analyse plus détaillée cf. Radimský J. (2010:163-164).
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14
V ( = faire exister un résultat) + N (résultat)
Dans la pratique, ce schéma se traduit par un mécanisme spécifique à chaque nom concret
prédicatif. Dans le cas de contrat, facture, photo et marque, c’est la création de la chose qui
coincide avec l’action désignée (la facturation a lieu lorsqu’une facture est créée, l’action de
contracter a lieu, lorsque le papier nommé « contrat » est créé, donc signé). Dans le cas de la
lettre d’excuse et la demande , l’action désignée a lieu lorsque l’objet en question est transmis
(l’action de demander qc. à q. a lieu, lorsque la demande écrite est présentée à q.). Pour le
support avoir, s eules les constructions converses semblent être disponibles avec les noms
prédicatifs concrets ;
24
elles peuvent être r eprésentées par le modèle : V (= être « en
possession » d’un résultat ) + N ( résultat ), l’action ayant eu lieu lorsque l’objet en question est
possédé (p. ex. avoir un tatouage qui est converse à faire un tatouage à quelqu’un).
En somme, du côté de l’interprétation concrète, nous sommes en présence de trois
modèles sémantiques généraux du verbe, à savoir créer, transmettre et posséder.
Les noms concrets qui participent aux constructions de ce type forment un ensemble varié
dont nous pouvons quand même relever quelques groupes relativement homogènes :
a) Les documents écrits, souvent de nature juridique (jugement, communiqué,
autorisation , etc.).
b) Les noms iconiques (photo, dessin).
25
c) Les noms de relation (ami, père, fils, nom, limite) qui, avec le verbe avoir , passent
avec succès le test de réduction d u support, aussi bien que le test de la coréférence des
sujets.
26
d) Selon les analyses de I. Mirto (2009), les constructions à objet interne (« cognate
object ») du type donner un don ou vivre une vie heureuse présentent les mêmes
possibilités d’analyse.
Pour d’autres nom s, nous ne sommes pas actuellement en mesure de déterminer les
dénominateurs communs.
Voici plusieurs exemples analogues ; le groupe des « documents juridiques » figure dans
un tableau séparé.
24
Avec les concrets, nous n ’avons pas relevé d’exemples de la neutralisation entre la structure standard et
converse du type avoir de l’estime pour q. – avoir l’estime de q.
25
Une réflexion analogue à propos des no ms iconiq ues est exposée par M. Alonso Ramos (19 98:237-238) qui
affirme que la théor ie Sens-Texte n’est pa s en mesure d e dire si les constructions comme faire une photo sont à
interpréter comme Vsup.+Npréd. ou Vpré d.+N. Green Dress Closet Green Dress Day Real Closet Real Day Hq1EvqOxA notre avis, les deux interprétations sont parfaite ment
légitimes ; en effet, la possibilité de l’analyse en V sup.+Npréd. (i.e. la desémantisatio n du verbe) est confirmée
par les données tchèques où le verbe faire (udělat fotografii – faire une photo) peut être re mplacé sans perte de
l’invariant sémantique par un autre verb e support qui, dans son acception prédicative, a un sens radicalement
différent du faire ( pořídit fotografii – litt. procurer une photo, signifiant faire une photo).
26
Réduction du Vsup. : Pierre a un ami. L’ami que Pierre a. - L’ami de Pierre. Coréférence des sujets :
* Pierre a un/l’ ami de Marie.
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V
sup.
N
préd.
Sous-type du N
préd.
dát
(donner) dárek cadeau ~ objet interne
úplatek pot-de- vin -
p ř íspěvek contribution -
ud ě lat
(faire
pf.
) film film -
fotka photo noms icon iques
snímek photo
obrázek dessin
portrét portrait
posudek évaluation document
te č ka point -
č árka virgule -
dírka trou -
Dans le cas des documents juridiques, le verbe correspondant, dans son interprétation
prédicative, désigne soit que le document « commence à exister juridiquement » ( émettre,
signer ), soit que le document est « transmis » (présenter ). Les combinaisons les plus
fréquentes figurent ci-dessous.
V
sup.
N
préd.
vydat
(émettre)
rozsudek jugement
prohlášení communiqué
povolení autorisation
na ř ízení règlement
potvrzení attestation
opat ř ení mesure
osv ě dč ení attestation
doporu č ení recommendation
usnesení sentence
rozhodnutí d écision
povolenka permis, autorisation
vystavit
(émettre)
potvrzení attestation
doklad pièce de preuve
ú č et facture
faktura facture
stvrzenka facture
podepsat
(signer)
smlouva contrat (accord,
convention, traité)
dohoda
kontrakt
úmluva
prohlášení communiqué
závazek engage ment
rozsudek jugement
p ř ihláška bulletin d’inscription
výzva appel
p ř edložit
(présenter)
návrh proposition
doklad pièce de preuve
zpráva rapport
d ů kaz preuve
nabídka offre
žádost demande
omluvenka Anthracite Keeper Largo Melange Key Hoodie lettre d’exc use
Notons que certains noms du tableau désignent uniquement un document é crit, comme
p řihláška (bulletin d‘inscription) ou omluvenka (lettre d’excuse). Il existe aussi des cas plus
problématiques, comme le nom lettre, pour lequel le verbe à fonction support le plus
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approprié serait adresser (=modèle sémantique de transmission), mais la même fonction peut
être exercée aussi par écrire (=modèle sémantique de création).
Intégrée pleinement à la conception lexicogrammaticale des constructions à s upport,
l’hypothèse que nous venons de présenter est susceptible d’expliquer le pr oblème suggéré par
Maurice Gross (1998) : pourquoi certaines constructions verbo-nominale s comme signer un
accord sont analysables comme (a) V
sup.
+N
préd.
et comme (b) V
préd.
+N
argum.
en même temps.
Autrement dit : comment un verbe puisse être prédicat et support à la fois, tandis que son
complément d’objet direct est ar gument (du prédicat verbal) et prédicat (du support verbal) en
même temps.
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6. Conclusion
Dans la présente étude, nous avons montré de manière qu antitative que le test habituels de
prédicativité des nom s ne permettent pas de repérer les noms prédicatifs tchèques dans les
constructions à verbe su pport (CVS). En fait, les CVS sont formés notamment par les noms
d’évènement qui sont dotés également (ou seulement) d’un sens r ésultatif. Par contre, les
constructions avec les verbes « aspectuels » qui désignent les phases de procès et les
constructions avec le s supports génériques font rec ours not amment aux substantifs ve rbaux
imperfectifs qui sont plus processuels par rapport aux noms d’évènement ordinaires. Nous
avons remarqué que les noms de résultat peuvent apparaître dans les CVS également en
français, ce qui est un fait qu’il conviendrait d’expliquer.
A ce sujet, nous proposons l’hypothèse que les noms de r ésultat peuvent couramment
former les CVS, c ar le verbe support est susceptible de fournir au n om prédicatif non
seulement les informations grammaticales concernant le temps et le mode, mais il peut lui
conférer en même temps une lecture évènementielle.
Parmi l es noms de résultat susceptibles de désigner un r éférent concret (tang ible), nous
avons repéré les noms qui peuvent s’analyser comme pré dicat et argument à la fois, en
renouant ainsi au problème posé par Maurice Gross (1998). Nous avons proposé d’expliquer
ce phénomène en anal ysant la manière particulière dont le verbe confère au nom prédicatif la
lecture évènementielle. Le modèle d’actualisation de ces noms concrets prédicatifs peut être
schématisé par la formule générale Verbum efficiendi + Nom de résultat, formule qui se
traduit par différents modèles sémantiques
27
dans la pratique. Du côté du verbe, le rôle de
verbum efficiendi est systématiquement rempli par les verbes relevant des modèles
sémantiques de créer, transmettre et posséder. Force est de constater qu e dans les
constructions en question, les verbes ( comme signer, donner ) sont porteurs de la fonction
prédicative et de la fonction support à la fois. Ainsi, nous ne parlerons plus d’un « verbe
support », mais d’un verbe qui « exerce la fonction support » pour le nom qui le suit. Les
noms concrets qui entrent systématiquement dans ce type de construction sont notamm ent les
noms désignant les d ocuments écrits (souvent de nature juridique), les noms iconiques, les
noms de relation et les noms qui correspondent à l’objet interne du verbe utilisé.
En regardant le problème du côté des noms qui sont susceptibles d’avoir un sens concret et
former les CVS, force est de constater qu’ils n’ont pas tous le même comportement. La
possibilité d’une double lecture, les sens concret et prédicatif est actualisé à l a fois, est
ouverte seulement pour certains. D’autres n’admettent qu’une actualisation séparée des deux
sens, ce qui fait que leur acception concrète n’est pas pertinente pour l’analyse de l’acception
prédicative.
Résumé
La pr ésente étud e vis e mont rer que les constructions à verbe support (CVS) sont formés non
seulement avec les noms considérés comme prédicatifs, mais é galement avec de nombreux
noms résultatifs et certains noms concrets. Nous proposons une vérification qua ntitative de
l’hypothèse qu’en tchèque, les noms d’évè nement à valeur résultative sont au moins aussi
fréquents dans les CVS que les substantifs verbaux. L’article vise à d’expliquer l es raisons de
ce phénomène et essaie de montrer en outre, Melange Key Largo Keeper Anthracite Hoodie quels sont les mécanismes qui permettent à
certains concrets de devenir prédicatifs dans une construction à support non seulement en
tchèque, mais aussi en français.
27
La notion de modèle sémantique fait allusion aux formules phrastiques de František Dan eš (198 1), architecte
de la Syntaxe de valence à deux niveaux.
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18
Summary
Predicative nouns, result nouns and concrete nouns in light verb constructions
The paper aims to sho w that light verb constructions (LVC) are formed not only with
predicative nouns, but also frequently with r esult nouns and some concrete nouns. We
propose a quantitative verification of the hypothesis that in Czech, result nouns are at least as
frequent in LVC as event n ominalisations (“verbální subst antiva”) The paper tries to explain
reasons of this phenomenon and it shows the mechanism that allow concrete nouns to appear
in LVC not only in Czech, but also in French.
OEuvres citées
Alonso-Ramos, Margarita. 1998. Étude sémantico-syntaxique des constructions à verbe
support . Montréal : Université de Montréal, Thèse de doctorat.
Anscombre, Jean-Claude. 1986. L'article zéro en français : un imparfait du substantif? Langue
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Giry-Schneider, Jacqueline. 1978. Les nominalisations en français. L’opérateur faire dans le
lexique . Genève : Droz.
Grimshaw, Jane. 1990. Argument structure. Cambridge. Mass.. – London : The MIT Press.
Gross, Gaston ; Kiefer, Ferenc. 1995. La structure événementielle des substantifs. Folia
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Tvo ř ení slov v češtin ě 2, Odvozování podstatných jmen. Praha : Academia, s. 562-653.
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Adresse de l’auteur
Jan Radimský
Département de langues et littératures romanes
Faculté des lettres de l’Université de Bohême du Sud
Branišovská 31a
CZ - 370 05 České Bud ějovice
République tchèque
Courriel: radimsky@ff.jcu.cz
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  • Article
    L’article propose une classification des verbes francais qui prend en compte leurs proprietes syntaxiques definitoires ainsi qu’un grand nombre d’elements necessaires a leur interpretation semantique a partir de quatre proprietes de la relation du verbe a ses arguments : le degre de combinabilite, le degre d’appropriation, le degre de grammaticalisation et le degre de figement. Les six classes ainsi obtenues : verbes operateurs, generiques, distributionnels, supports (dont l’auteur fournit une liste), auxiliaires et figes, sont de taille et de fonction tres inegales mais prefigurent par leur coherence et leur hierarchie la forme generale de la grammaire du francais.
  • Article
    The Bescherelle is a well-known reference where one can look up — in the form of tables — the conjugation of all French verbs. It is often forgotten that all predicates can be conjugated whether they are expressed in verbal or nominal forms. This article outlines the basis of linguistic descriptions which can be used to generate all the forms of “nominal conjugations” in French. As the form of support verbs depends on the semantic class of the nominal predicate, we need first to establish a semantic typology of predicative nouns where the distinction between actions, events and states plays an important role. Moreover, we need to enumerate the appropriate support forms (active, passive and reciprocal). In addition, it is necessary to list for each class of predicative nouns the support verbs expressing aspectual meanings (inchoative, progressive, iterative, etc.). Once these forms have been listed, we will be able to provide an alphabetic list of predicative nouns, where each entry will be coded in terms of the conjugation forms it assumes. Such a table will have obvious applications for the automatic analysis of French.
  • Article
    It is well-known that event nominals tend to have both an event and one or more non-event interpretations. However, the representation of their polysemy can be improved. On one hand, the process-result ambiguity (Grimshaw 1990, Borer 1999) captures only a fragment of the phenomenon, given that result interpretations are not the only option available for event nominals. On the other hand, it has been assumed that result nominalizations introduce an additional semantic argument place, which may be filled by anything related causally to the event (Asher 1993: 151). Result nominals, however, may also bind a true argument of the event, while non-result interpretations may not bind a result argument or a true argument but rather a default argument, a shadow argument or even an adjunct (for a definition of true, default and shadow argument types, based on Pustejovsky 1995, see section 4 below). In other words, event nominals may potentially exploit the whole conceptual space of the event. Given these premises, the general aim of this paper is to contribute to the representation of the semantic ambiguity exhibited by nominals denoting events 1 by providing an empirically well-founded list of sense alternations as found in corpus data. My specific goal is to investigate what elements of the event tend to be available for the restricted set of interpretations that event nominals may exhibit. Also, I intend to contribute to model event nominal polysemy in terms of semantic types. The language discussed is Italian but the proposed generalizations may expand on a broader perspective. The framework of semantic and aspectual analysis is the Generative Lexicon Theory (henceforth GL) (Pustejovsky 1995, 2001, 2006), which I briefly outline in section 4. 1. DEFINING EVENT NOMINALS Following Kiefer 1998: 56, a nominal denotes an event if it is compatible with aspectual verbs like continue, last, happen, take place: (1) What happened/took place? i. A concert, a party, a trip, an examination = event nominals ii. *A car, *a bag, *a cat, *a bed, *a table, *a book = non-event nouns * University of Pavia. Courriel : jezek@unipv.it 1 Event is used here as a general term for all sorts of dynamic eventualities.
  • Article
    "Thèse présentée à la Faculté des études supérieures en vue de l'obtention du grade de Philosophiae Doctor (Ph. D.) en linguistique." Thèse (Ph. D.)--Université de Montréal, 1999.